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La biodiversité des Antilles françaises potentiellement menacée par des invertébrés



  • Depuis plusieurs semaines déjà, les Antilles françaises sont menacées par une espèce de ver : Amaga expatria. Menace potentielle pour la biodiversité, ce ver plat d’une taille oscillant entre 12 et 15cm, aurait été repéré à la fois en Guadeloupe et en Martinique, grâce à une initiative de science participative.

    En s'appuyant sur les observations du Muséum National d'Histoire Naturelle, des espèces similaires connues aux Bermudes sembleraient être des prédateurs qui nuisent à la biodiversité des sols. Par différentes techniques, les scientifiques ont caractérisé son génome mitochondrial. L’espèce dite invasive est un prédateur qui mange des proies (Bulime octoné, escargot local entre autres) qu’il capture dans les sols. Il pourrait donc représenter une menace pour la biodiversité et l'écologie des sols antillais, sachant que plusieurs espèces de vers plats sont présentes et auraient été introduit par le transport de plantes.

    Chacune de ces espèces ont une origine géographique différente : l’Asie continentale pour les espèces Bipalium kewense et Bipalium vagum, la Nouvelle-Guinée pour l’espèce Platydemus manokwari, et l’Amérique du sud pour l’espèce Amaga expatria. 

    L’écologie des sols demeure essentielle pour garantir un écosystème sain. L’Amaga expatria et de manière générale l’ensemble de ces vers plats viennent perturber l’équilibre naturel des sols, ainsi que leur régénération. La biodiversité des sols représente l'ensemble des espèces vivantes (végétaux, animaux, champignons, micro-organismes, etc.) nécessaires pour la régulation du cycle de l’eau, la protection des cultures ou encore la fertilisation des sols. Des études sont attendues pour endiguer ce phénomène récent.

    Ce nouvel envahisseur potentiel a suffi aux autorités pour faire entrer un nouvel arrêté de protection. Le 07 juillet dernier, l’arrêté concernant « la prévention de l’introduction et de la propagation des espèces animales exotiques envahissantes sur le territoire de la Guadeloupe » est paru le 1er octobre 2020. Renforçant ainsi l’arrêté de février 2018 relatif à l’interdiction d’introduction dans le milieu naturel de toute espèce de faune ou de flore terrestre, qui ne sont naturellement pas recensées sur le territoire.

    Dorénavant, le territoire guadeloupéen interdit la détention, le transport, le colportage, l’utilisation, l’échange, la mise en vente, la vente ou l’achat d’espèces exotiques envahissantes.

     Crédit photo : Unsplash Paul Mocan

    [MOGED] 

     

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