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Si les porcs recombinaient les virus aviaires et humains ...


20/02/2012 - Communiqué de presse du CIRAD

En 2006, le virus de l'influenza aviaire H5N1, parti d'Asie du sud-est en 2003, était détecté en Afrique tandis qu'un nouveau virus influenza H1N1, maladie successivement nommée " grippe porcine ", " grippe mexicaine " puis connue sur le nom de " grippe A ", se répandait en 2009 à partir du Mexique dans les zones tempérées et déclenchait de sévères infections grippales chez l'homme.

Le Cirad et son dispositif GREASE a mis en place dès 2007 des travaux de recherche au Vietnam sur le rôle épidémiologique du porc connu pour ses capacités à jouer le rôle de " melting-pot " de virus aviaires et humains. Ces études effectuées en collaboration avec l'Institut Pasteur de Hong Kong dans les élevages d'Asie du Sud-Est et en lien avec l'école vétérinaire de Toulouse, révèlent en effet une transmission de l'homme au porc du virus H1N1 pandémique puis une transmission entre les animaux eux-mêmes.

D'autres travaux, en cours avec l'Institut Pasteur à Phnom Penh, en collaboration avec une étudiante Thaï et l'Université de Murdoch, ont démontré que des virus d'origine humaine étaient détectés dans des élevages de porcs au Cambodge. Une nouvelle étude en collaboration avec l'Université de Hong Kong débute actuellement sur des élevages situés au Vietnam et au Laos afin d'améliorer la détection chez le porc de nouvelles souches potentiellement pandémiques.
Un réservoir de virus

Une bonne partie de la population porcine serait atteinte à l'échelle mondiale par des virus grippaux aux degrés divers de virulence, transmis par contact direct et indirect par voie aérienne avec des animaux malades ou porteurs sains. Véritable réservoir de ces virus, le porc pourrait surtout recombiner plusieurs types de virus. Comme l'explique François Roger, Directeur de l'Unité de Recherche AGIRs au Cirad : " c'est un événement rare mais toujours possible, le porc peut recombiner des virus aviaires et humains pour créer une souche très adaptée à l'homme. L'Asie du Sud-Est où se côtoient, avec de fortes densités, humains, porcs et volailles constitue un terrain favorable à cette émergence".

Le Cirad qui travaille à la fois sur des données humaines et animales s'inscrit dans le concept " One Health " aux fins d'optimiser au mieux les systèmes de surveillance et de contrôle de ces maladies qui se transmettent entre les animaux et les hommes.

François Roger sera présent sur le stand du Cirad au prochain Salon de l'agriculture de Paris (Porte de Versailles, hall 3, Allée C, stand N° 69).
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