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Transition éclairagiste : la France à la traîne


4 millions de tonnes de CO2 sont produites chaque année pour rien car les installations d'éclairage intérieur des bâtiments tertaires ne sont pas conformes. 

Parmi tous les secteurs consommateurs d’énergie visés par la transition énergétique, l’éclairage est celui qui présente le taux de retour sur investissement le plus rapide : entre 3 et 5 ans pour l’éclairage (20 ans pour l’isolation) dans les cas favorables. La France, avant la transition éclairagiste, présentait déjà un retard historique et économique en la matière. Aujourd’hui, ce retard pourrait s’accroître si le virage de la transition éclairagiste française n’est pas amorcé rapidement. A terme, la part de l’éclairage dans la consommation d’électricité sera divisée par deux. C’est également le secteur qui connaîtra le plus vite le recours généralisé à une gestion intelligente. 

L’éclairage atteindra le facteur 4 en matière d’émissions de GES d’ici à 2050 selon l'ADEME aux Journées nationales de la lumière, soit 41 % de baisse de la consommation. Mais la France tarde à s'engager dans la transition éclairagiste.   

Au rythme actuel il faudra 30 ans pour renouveler ou rénover le parc d’éclairage français. L’ampleur des travaux ainsi que les moyens de les financer, et notamment dans un contexte de diminution des budgets, doivent amener à partager les projets innovants, d’autant plus que 43 % des communes de plus de 500 habitants ont pour projet d’investir dans l’amélioration de leur éclairage public dans les deux ou trois prochaines années.

5 milliards d'euros dépensés pour rien chaque année 

8O % des installations dans le tertiaire (plus gros consommateur en éclairage : 37 TWh par an pour les bâtiments non résidentiels publics et privés) sont non conformes et devront être remplacées (soit plus de 28 millions de luminaires uniquement pour les bureaux) d’ici quelques années. Avec 850 millions de m2 et 7,50 € d’économies possibles par m2 d’éclairage rénové, le non remplacement des installations non conformes dans les bâtiments tertiaires coûte 5,1 milliards d’euros supplémentaires par an. Totalement rénové en matière d’éclairage, le parc tertiaire produirait plus de 4 millions de tonnes de CO2 en moins par an (soir plus de 3 % de tonnes de CO2 en moins sur les 123 millions de tonne produites chaque année par le secteur du bâtiment).

Moins connu que l’éclairage public, l’éclairage des bâtiments est pourtant le plus gros poste de consommation d’éclairage en France et présente une aberration : les durées d’éclairement des bureaux par an varient entre 2 500 et 3 000 heures par an, alors même que le taux de présence au poste de travail est inférieur à 70 %). C’est un poste de dépenses extrêmement important (76 % de la consommation d’énergie et 71 % des dépenses d’énergie pour les communes de plus de 500 habitants – les écoles étant les plus énergivores : environ 30 %). Les locaux administratifs, les équipements sportifs (gymnase, salles polyvalentes…) et écoles sont le premier poste de dépenses des communes en matière d’éclairage, et les premiers leviers d’économies réalisables. L’éclairage intérieur est également une composante à part entière des bâtiments à énergie positive et de la rénovation énergétique, placés au cœur du projet de loi sur la transition énergétique.

 

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