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Lutte contre le VIH/SIDA : le diagnostique du Barreau camerounais



  • A l’occasion de la célébration du 1er décembre, l’Ordre des avocats du Cameroun par le biais de sa Commission des droits de l’Homme, Me Simon Pierre Eteme Eteme. L'intégralité de la déclartion parvenue à Midiaterre.

    Considérant que le Cameroun est un État partie au Pacte international relatif aux économiques sociaux et culturels du 16 Décembre 1976 et Proclame du reste dans sa Constitution « que l’être humain, sans discrimination de race, de religion, de sexe, de croyance, possède des droits inaliénables et sacrés » d’autant que ladite Constitution  affirme son attachement aux libertés fondamentales inscrites dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, la Charte des Nations Unies, la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples et toutes les conventions internationales y relatives et dûment ratifiées ;

    Considérant qu’à travers l’article 12 du Pacte international relatif aux économiques sociaux et culturels susvisé, les États parties reconnaissent le droit qu’a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu’elle soit capable d’atteindre, le plein exercice de ce droit devant comprendre des mesures nécessaires pour assurer, entre autres :

    –  La prophylaxie et le traitement des maladies épidémiques, endémiques professionnelles et autres ainsi que la lutte contre ces maladies ;

    –  La création de conditions propres à assurer à tous des services médicaux et une aide médicale en cas de maladie.

    Considérant qu’il est indéniable que la lutte contre le SIDA a été officiellement inscrite sur les réalisations des objectifs du Millénaire pour le développement qui ont été fixés en 2000 puis renouvelés par la suite, toute chose  comprenant  au demeurant un engagement de stopper et inverser l’épidémie du SIDA ;

    La Commission des Droits de l’Homme du Barreau du Cameroun (CDHB) salue l’option des Nations à travers l’ONUSIDA, pour y parvenir, d’avoir élaboré une approche d’accélération pour atteindre un ensemble d’objectifs assortis de délais fixes d’ici à 2020, de tels objectifs visant notamment, à réduire les nouvelles infections à VIH de 75%, à faire en sorte que 90% de l’ensemble des personnes vivant avec le VIH connaissent leur statut VIH, à faire en sorte que 90% des personnes qui connaissent leur séropositivité au VIH aient accès au traitement et que 90% des personnes sous traitement aient une charge virale supprimée, ce qui les maintient en bonne santé et diminue le risque de transmission, pour le plus grand bonheur  de l’ensemble de la communauté universelle;

    La Commission des Droits de l’Homme du Barreau du Cameroun soutient le Gouvernement de la République du Cameroun qui a consenti de très gros efforts pour la lutte contre la pandémie à travers divers programmes  et stratégies d’envergure ;

    La Commission des Droits de l’Homme du Barreau du Cameroun constate néanmoins, au vu des chiffres de l’ONUSIDA, que beaucoup reste encore à faire en relation avec la prise en charge des malades, tout comme des efforts supplémentaires restent à envisager dans la prévention, ce, pour rester en  phase avec la nouvelle stratégie mondiale nécessaire pour mettre fin à cette épidémie, notamment en élargissant les programmes de prévention et de traitement du VIH ;

    La commission constate un net recul de la stigmatisation à l’égard des personnes vivant avec le VIH. Ce qui contribue à faire reculer la peur et les facteurs collatéraux qui entourent la maladie ; tels que le recours à des thérapies non homologuées et clandestines ;

    A cette fin, la Commission des Droits de l’Homme du Barreau est aussi d’avis que le Gouvernement de la République doit « renforcer le système institutionnel de suivi de l’application des mesures d’harmonisation des coûts; sanctionner de façon exemplaire les acteurs de la chaîne qui créent les ruptures et entretiennent les surcoûts; améliorer la transparence autour de la gestion des stocks d’intrants, en impliquant les communautaires; rendre disponibles les traitements de 2ème et 3ème lignes au Cameroun ; augmenter de façon significative et durable, la couverture en traitements pédiatriques».

    Elle exhorte le Gouvernement à rester saisi de la question de la lutte contre le SIDA et plus globalement de celle du droit à la santé des populations camerounaises, véritable sujet de préoccupation pour l’humanité de notre temps.

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