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Haiti-Rio+20 : La misère ne fait pas bon ménage avec la protection de l'environnement



  • Par Gotson Pierre 

    En Haïti, il ne sera pas possible de faire des progrès en matière de protection de l'environnement et de développement durable sans adresser le cuisant problème de la misère.

    C'est la conviction exprimée par le député Johnson Dieujuste, président de la commission agriculture et environnement à la chambre basse, qui a participé la semaine dernière à Lyon (France) au Forum francophone préparatoire au sommet mondial sur l'environnement qui se tiendra à Rio (Rio+20) au Brésil en juin prochain.

    " La misère est une des causes de la dégradation de l'environnement ", déclare le parlementaire dans une interview accordée à AlterPresse.

    Le député a soutenu cette position au Forum, et, dans le cas d'Haïti, pour être en phase avec des objectifs de développement durable, il faut, selon lui, que le secteur agricole soit " modernisé ".

    De cette modernisation, dit-il, dépend l'accroissement de la production agricole ainsi que celui des revenus des agriculteurs et paysans, ce qui permettra d'améliorer leurs conditions de vie.

    Cette situation " facilitera l'utilisation des énergies alternatives et diminuera la pression sur le charbon de bois ", ce qui est favorable à une " amélioration de la couverture forestière ".

    Le député Johnson Dieujuste rappelle qu'au fil des années Haïti est passé à moins de 2% de couverture forestière, entre autres à cause de la forte pression exercée sur les ressources végétales par l'utilisation du charbon bois comme énergie pour la cuisson.

    " On ne peut parler d'économie verte en Haïti sans projeter l'amélioration de notre couverture forestière estimée à moins de 2% ", soutient Dieujuste.

    Les Nations-Unies définissent l'économie verte comme une économie qui engendre une amélioration du bien-être humain et de la justice sociale, tout en réduisant sensiblement les risques environnementaux et les pénuries écologiques.

    Le défi de l'économie verte, dont on parle depuis 40 ans, est d'intégrer l'environnement à la croissance, selon le Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE).

    La problématique haïtienne ressemble quelque peu à celle de plusieurs pays africains où l'enjeu aujourd'hui est de réduire la consommation de charbon de bois en utilisant des réchauds améliorés. Il s'agit aussi de traiter les déchets urbains en vue de produire de l'énergie et d'assainir les villes.

    A ce propos, le député Dieujuste reprend la proposition d'utiliser les matières organiques qui polluent l'environnement pour produire du biogaz. Cette dernière se substituera au charbon de bois en tant qu'énergie de cuisson, avance-t-il

    Il faut aussi prioriser les énergies renouvelables comme le solaire, souligne-t-il en mettant en avant des exemples concrets comme l'installation de lampadaires solaires dans la commune de Jean Rabel (Nord-ouest).

    D'autre part, le parlementaire estime que la société haïtienne fait face à une pénurie de lois relatives à la gestion de l'environnement et le développement durable. Il se propose de travailler à pallier cette carence et indique qu'un document devrait bientôt être soumis à la chambre basse.

    A l'issue de sa participation au Forum de Lyon, le député Dieujuste annonce qu'il va demander l'intégration du Ministère de la culture et de la communication au sein du comité de haut niveau qui prépare la participation d'Haiti à Rio+20.

    Dieujuste fait sienne l'idée selon laquelle la question culturelle doit être prise en compte dans la prochaine déclaration de Rio.

    " La culture est un des piliers du développement durable ", avait soutenu le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, en reprenant le mot de son compatriote, le poète sénégalais Léopold Sedar Senghor, " la culture est le commencement et la fin du développement ". 

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