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Nouveau-Brunswick : Quel est l'avenir de l'industrie du pétrole ?



  • Nouveau-Brunswick : Quel est l’avenir de l’industrie du pétrole ?

    11 770 kilomètres, c’est la distance que s’apprête à parcourir l’or noir de l’Ouest canadien pour être transformé par la raffinerie Irving Oil. La compagnie néo-brunswickoise a obtenu l’autorisation d’expédier des barils de pétrole albertain via le port de Vancouver jusqu’à son terminal de Saint-Jean en passant par le canal de Panama.

    Les navires pétroliers devront donc faire le tour du continent, traverser l’océan Pacifique, la mer des Caraïbes jusqu’à l’océan Atlantique pour transporter la matière première d’un bout à l’autre du Canada.

    « En ce qui concerne le pétrole brut de la côte ouest et de la côte est, Irving Oil a l’intention de conclure des accords à long terme avec des fournisseurs de brut canadiens pour le transport de barils sur une période d’un an. »

    Selon Kevin Scott, le directeur du raffinage et de l’approvisionnement, « Irving Oil veut assurer la sécurité énergétique du pays au cours des prochains mois. Il est essentiel pour nos clients, pour notre entreprise et pour la sécurité énergétique de tout le Canada atlantique que nous puissions utiliser des pétroliers étrangers pour accéder au pétrole brut de l’Ouest canadien de façon urgente et aller de l’avant pendant un an afin de permettre une planification flexible de la chaîne d’approvisionnement et renforcement du lien entre les producteurs de pétrole canadiens et notre raffinerie en cette période difficile et incertaine. Un accès flexible à un transport rapide du pétrole est une condition sine qua non de notre capacité à nous engager à acheter du pétrole brut canadien pendant cette période difficile et incertaine. »

    La compagnie pétrolière a finalement reçu le feu vert au début du mois de mai. Elle obtient également la permission de faire venir des bateaux depuis Terre-Neuve-et-Labrador et depuis le Golfe du Mexique.

    Difficile à cette heure de savoir si ce changement de stratégie s’inscrira dans le long terme. On ignore également quelle quantité de pétrole sera acheminée par ce chemin détourné. « La construction du futur pipeline Keystone XL, qui relierait l’Alberta au golfe du Mexique, pourrait notamment changer la donne. En mars, la société TC Energy avait confirmé son intention de poursuivre le projet et tablait sur une mise en service en 2023 ».

    Reste qu’aujourd’hui, la voie maritime est de loin le mode de transport privilégié par Irving Oil. Depuis la catastrophe du Lac-Mégantic en 2013, la pétrolière a considérablement réduit ses approvisionnements par train. Le projet d’un pipeline reliant l’ouest du pays au terminal de Saint-Jean est quant à lui enterré depuis que Trans-Canada a renoncé à construire l’oléoduc Énergie est en octobre 2017.

    Le repositionnement opéré par Irving Oil intervient dans une période de crise mondiale du secteur des hydrocarbures qui bouscule la chaîne d’approvisionnement et crée son lot d’inconnus.

    Les mesures de confinement à travers le globe ont fait reculer de près de 30 % la demande mondiale en pétrole et forcé une réduction draconienne de la production. La guerre des prix à laquelle s’est livrée la Russie et l’Arabie saoudite ont également contribué à la surabondance de l’or noir et à une chute vertigineuse des cours pétroliers.

    Irving Oil entend accroître la proportion de brut canadien qu’utilise la plus grande raffinerie du pays. Cela représente actuellement près de 20 % de ses approvisionnements.

    Source : Acadie Nouvelle

     

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