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En route vers l'économie circulaire avec le premier enrobé bitumeux 100% recyclé!



  • Le 10 octobre 2018, Eurovia (Groupe Vinci) a dévoilé le résultat d’une expérimentation inédite à l’international : un tronçon de 1km entièrement réhabilité à partir de l’ancien revêtement.

    Ce premier kilomètre a été testé dans le cadre du chantier de réfection de la section Pons/St Aubin de l’autoroute A10 (Bordeaux-Paris).

    Une idée évidente, une exécution qui l’est moins.

    Détruire l’enrobé de la chaussée à rénover, le traiter et le réutiliser n’est pas une idée nouvelle. L’innovation vient du procédé de traitement.

    Une chaussée est composée de plusieurs couches, dont la structure, l’épaisseur et la composition doivent être choisies en fonction de l’évaluation des impacts de l’action du trafic routier, du vieillissement et des contraintes environnementales sur la chaussée. La sécurité des usagers en dépend. La chaussée recyclée doit donc satisfaire des exigences techniques élevées, en particulier pour une autoroute.

    Il existe actuellement deux principales techniques de retraitement de l’enrobé. La première utilise l’adjonction à froid d’un liant aux granulats de l’ancienne chaussée. Ceci permet déjà un recyclage à 100% mais limite la résistance du matériau final : cette technique n’est donc pas adaptée à un projet autoroutier. La seconde technique se fait à chaud et offre une qualité autoroutière. Cependant ce procédé présente des contraintes techniques qui, jusqu’à présent, nécessitaient le transport des matériaux dans des centrales ce qui, au final, ne permettaient pas de valoriser un gros volume de résidus dans des délais compatibles avec les échéanciers d’un chantier autoroutier.

    Eurovia s’est associée à la société Marini-Ermont, filiale du groupe Fayat, pour concevoir une usine mobile stationnée à proximité du chantier, qui peut produire entre 250 et 400 tonnes d'enrobés recyclés par heure.

    En réutilisant l’intégralité des déchets de la route à rénover comme matière première, ce procédé limite la consommation de ressources naturelles (granulats et bitume). En outre, en réduisant les flux de transports de matériaux grâce à l’usine mobile, il limite aussi la consommation énergétique et l’émission de gaz à effet de serre. Il possède donc un intérêt écologique indéniable; cependant, pour le moment il n’y a pas d’avantage financier réel.

    Ce nouveau procédé répond à un enjeu important de développement durable. Chaque année, en France, on utilise 35 millions de tonnes d'enrobés bitumineux dont seulement 18 % proviennent du recyclage. Il faudra cependant attendre, pour compléter cette démonstration, que CEREMA, l’organisme mandaté pour surveiller la résistance et la durabilité de ce premier kilomètre, rende ses conclusions après deux années de contrôles.

     

    [MOGED] ECONOCIR

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