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Biodiversité agricole et sécurité alimentaire : une question d’actualité pour la 9e Conférence des Parties à la CDB


Le thème de la biodiversité agricole constitue l’une des principales questions auxquelles est réservé un examen approfondi lors de la neuvième session de la Conférence des Parties (CdP) à la Convention sur la Diversité Biologique. « Biodiversité et agriculture » est d’ailleurs le thème retenu cette année pour la Journée internationale de la diversité biologique, qui sera célébrée le 22 mai prochain.
L’ombre de l’actuelle crise alimentaire mondiale pèse de tout son poids sur les discussions de ce thème à la Conférence des Parties, tenue à Bonn du 19 au 30 mai 2008. A l'ouverture de la conférence, le 19 mai, M. Ahmed Djoghlaf, Secrétaire exécutif de la Convention, a déclaré que "La rénovation de la diversité agricole des cultures et du bétail soutenue par un système de soutien naturel fonctionnel de la communauté internationale est la meilleure solution à long terme pour répondre aux défis alimentaires mondiaux ".
Selon les estimations les plus récentes, la production alimentaire devrait augmenter de 50 pour cent afin de pouvoir nourrir une population de 9 milliards de personnes d’ici à 2050. De plus, la croissance économique entraîne une augmentation de la consommation des aliments pour animaux. La hausse de la production en vue de satisfaire cette demande suppose normalement une plus grande dépendance vis-à- vis des pesticides et des engrais et une utilisation excessive de l’eau. Il devient nécessaire de changer les mentalités afin de passer d’un système de dépendance à l’égard des intrants traditionnels et du recours intensif aux produits chimiques à des modes de production biologique qui exploitent la richesse des ressources génétiques.
Le fait que le secteur agricole soit de plus en plus ouvert aux avis et pressions d’ordre écologique offre des possibilités de synergies entre les secteurs de l’environnement et de l’agriculture. Les enjeux sont énormes. Les phénomènes liés aux changements climatiques, comme le réchauffement de la planète, les phénomènes météorologiques extrêmes et les sécheresses ont tous un impact sur la disponibilité des terres pour la production. Toutefois, le passage des produits chimiques aux produits biologiques en agriculture pourrait offrir des possibilités d’adaptation (Rapport OSASTT 13).
A la neuvième CdP, l’examen approfondi du programme de travail sur la question de la diversité biologique agricole a été préparé par le secrétaire exécutif, en association avec la FAO et en consultation avec les autres organisations internationales. Le programme de travail sur la diversité biologique agricole comprend quatre éléments : évaluation, gestion adaptative, renforcement des capacités et intégration. L’examen porte aussi sur la poursuite de la mise en œuvre et la capitalisation de trois initiatives internationales lancées, l’une sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique des pollinisateurs, l’autre sur celles des sols, et la troisième sur la diversité biologique pour l’alimentation et la nutrition.
Les délégués ont examiné le projet de décision sur ce point de l’ordre du jour, qui émane des recommandations de la treizième réunion de l’Organe Subsidiaire chargé de fournir des Avis Scientifiques, Technique et Technologiques, ainsi qu’un document d’analyse de la question des biocombustibles. Les délégations ont toutes souligné le lien intrinsèque en la biodiversité agricole et la durabilité de l’agriculture, elles ont appuyé la mise en œuvre du programme de travail et la collaboration avec la FAO. Plusieurs pays en développement ont insisté sur le besoin de renforcement des capacités, l’échange d’informations et l’accord d’une attention particulière aux centres d’origine. L’adoption d’une approche par écosystème et le besoin urgent de recherches sur les impacts des changements climatiques sur la biodiversité agricole a été souligné par plusieurs délégations.
Au cours des débats du mardi 20 mai, la question relative aux biocombustibles a retenu toute l’attention, car toute la section qui traite des biocombustibles dans le projet de décision est demeurée entre crochets, avec 3 options possibles, variant entre, d’une part, la promotion des impacts positifs sur la biodiversité de la production et de la consommation des biocombustibles et la mitigation des impacts négatifs, et d’autre part, l’adoption immédiate d’une approche de précaution en suspendant l’introduction de toute nouvelle mesure de soutien de la consommation des biocombustibles.
L’UE a noté le besoin d’assurer la durabilité de la production des biocombustibles et a proposé l’établissement d’un groupe ad hoc d’experts techniques pour développer des lignes directrices sur la question. Le Groupe Africain a appelé à l’adoption de l’approche de précaution pour les productions de biocombustibles à grande échelle et à la suspension de l’introduction de toute nouvelle mesure de soutien de la consommation des biocombustibles jusqu’à l’élaboration de cadres d’orientation et l’évaluation des risques et des bénéfices. Le Brésil a, pour sa part, souligné la contribution des biocombustibles au développement durable et la sécurité alimentaire, et à réfuté l’application du pricipe de précaution au cas des biocombustibles.
Un groupe d’amis du Présidente a été établi, présidé par Linus Spencer Thomas (Grenade) pour avancer les dicsussions du projet de décision.



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