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Le Destin des Espèces Menacées d’Extinction Est « Entre Nos Mains »



  • Le Destin des Espèces Menacées d’Extinction Est « Entre Nos Mains »
    171 nations sur le point de se réunir à La Haye, Pays Bas
    Le sort des espèces sauvages en péril

    Communiqué de Presse du SSN, 15 mai 2007

    WASHINGTON, DC — Le 3 juin 2007, plus d’un millier de délégués se réuniront à La Haye pour déterminer le destin d’un grand nombre d’espèces animales et végétales menacées de surexploitation suite au commerce international. Les Parties à la Convention sur le Commerce International des Espèces de Faune et de Flore Sauvages Menacées d’Extinction (CITES) examineront les propositions concernant la protection mondiale des éléphants d’Afrique, des grands félins d’Asie, des grandes baleines, des lynx d’Amérique du Nord, des léopards, des rhinocéros, des requins, des coraux, des loris lents et de divers végétaux ligneux et non ligneux.

    “Généralement considérée comme étant le traité de conservation internationale le plus étendu, la CITES est d’une importance capitale. C’est peut-être le meilleur outil global pour protéger les espèces sauvages des impacts potentiellement préjudiciables du commerce », remarque Will Travers, Directeur Général de la Fondation Born Free basée au Royaume-Uni et Président du Réseau pour la Survie des Espèces (Species Survival Network ou SSN).

    Le SSN est une coalition internationale de plus de 80 organisations localisées dans plus d’une trentaine de pays, qui oeuvre pour garantir l’application stricte de la CITES. Un examen détaillé de chaque proposition et document de travail pour la prochaine session CITES est disponible en anglais, français, espagnol et arabe.

    La proposition sur la reprise du commerce d’ivoire d’éléphants d’Afrique figure parmi les propositions les plus controversées devant être examinées. Le Botswana et la Namibie ont demandé un relâchement des contrôles du commerce international. Beaucoup qualifient cette mesure de désastreuse pour la population mondiale d’éléphants. Travers ajoute : « Les propositions visant à assouplir davantage l’interdiction actuelle du commerce d’ivoire d’éléphant sont particulièrement indéfendables étant donné qu’il est prouvé que les saisies d’ivoire illicite sont à leur plus haut niveau depuis que l’embargo a été introduit pour la première fois il y a 17 ans. ». « Permettre un commerce d’ivoire légal augmentera davantage la pression à laquelle font déjà face plusieurs populations d’éléphants d’Afrique et d’Asie. Les Parties à la CITES veulent-elles réellement contribuer en toute conscience à un massacre digne de leur remémorer les jours où d’innombrables carcasses d’éléphants jonchaient sans aucune cérémonie la savane africaine? »

    Entre-temps, le Kenya et le Mali, appuyés par de nombreux autres pays africains de l’aire de répartition de l’éléphant, ont proposé l’établissement d’un moratoire de 20 ans sur toute considération supplémentaire de la reprise du commerce d’ivoire d’éléphants. Cette proposition est fortement appuyée par le SSN.

    La session de cette année s’annonce être considérablement dominée par des questions qui touchent aux espèces marines. Le Japon a soumis un document dangereux proposant un processus pour détourner les prohibitions internationales sur la chasse à la baleine et sur le commerce international des produits de baleines. Les Parties à la CITES devront également examiner une augmentation de protection du poisson-scie, de deux espèces de requins (le Requin-taupe commun et l’Aiguillat), du corail rouge, du poisson-cardinal et de la population brésilienne de langouste.

    “Les espèces surexploitées telles que le poisson-scie bénéficieront d’une prohibition internationale sur les transactions commerciales », remarque Travers. Les poissons-scies sont utilisés pour répondre aux demandes du commerce international des dents, des rostres, des ailerons, et des autres parties du corps utilisées pour les remèdes traditionnels, et des animaux vivants pour les aquariums. La viande du Requin-taupe commun et de l’Aiguillat est consommée en Europe (l’Aiguillat est vendu sous le terme impropre de « saumon de roche ou rock salmon» dans les « fish and chips » britanniques), alors que leurs ailerons sont exportés en Asie pour les soupes d’ailerons de requins.

    Le monde entier aura les yeux fixés sur La Haye pendant deux semaines à compter du dimanche 3 juin, pour suivre les délibérations entreprises par les Parties à la CITES. L’avenir de quelques-unes des espèces sauvages les plus menacées est en jeu, et pendant toute la durée de la CdP14 de la CITES des millions de personnes de par le monde pourront suivre quotidiennement les évolutions de ces négociations sur le blog de SSN.

    Pour plus d’informations, contactez:
    Alice Stroud, Coordinatrice, Bureau Régional de l’Afrique Francophone, +1 541 850 9868 (GMT – 8 heures), alicestroud@ssn.org
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