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Le climat mondial en 2014: chaleur extrême et inondations



  • Températures océaniques records, températures élevées à la surface des terres émergées et inondations dévastatrices sont quelques-unes des caractéristiques du climat mondial pour l'année 2014, qui est – de justesse – la plus chaude jamais observée en regard des valeurs nominales, d'après l'analyse détaillée publiée par l'Organisation météorologique mondiale (OMM).

    Dans sa Déclaration sur l’état du climat mondial en 2014, l'OMM a confirmé la poursuite de la tendance au réchauffement constatée ces dernières décennies. En effet, le XXIe siècle compte 14 des 15 années les plus chaudes.

    Ce rapport présente en détail les températures et les précipitations enregistrées au plan national et régional ainsi que les cyclones tropicaux, l'élévation du niveau de la mer et l'étendue de la banquise. Il comporte une analyse du Service météorologique du Royaume-Uni consacrée à l'influence de l'homme sur le climat, laquelle accroît significativement la probabilité de températures records telles que celles enregistrées dans le pays en 2014.

    Ce rapport est publié à l'occasion de la Journée météorologique mondiale, le 23 mars. Le thème de cette Journée, «Climat: comprendre pour agir», a été choisi pour souligner les progrès réalisés dans le domaine de la climatologie et des services climatologiques, par exemple les prévisions saisonnières, et encourager la communauté internationale à prendre cette année des décisions et initiatives ambitieuses pour faire face à la variabilité du climat et au changement climatique.

    «Nous disposons de connaissances solides pour éclairer les décideurs et tenter de maintenir les effets du changement climatique à un niveau raisonnable. Or, le coût de notre passivité est élevé, et ne fait qu'augmenter avec le temps. Nous devons assumer nos responsabilités envers les générations futures et agir pour réduire les émissions de gaz à effet de serre avant qu'il ne soit trop tard» explique Michel Jarraud, le Secrétaire général de l'OMM.

    Et d'ajouter: «La hausse des températures en surface, le recul des glaciers, l'élévation du niveau de la mer ou encore les extrêmes météorologiques sont autant de preuves que le climat change et que cela est dû en grande partie aux activités humaines, comme le souligne le cinquième Rapport d’évaluation du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.»

    «Les températures records, les extrêmes de températures et les inondations observés en 2014 s'inscrivent dans la logique du réchauffement climatique causé par la hausse des concentrations de gaz à effet de serre dans l'atmosphère».

    «L'océan joue un rôle fondamental car il absorbe plus de 93 % de la chaleur piégée par les gaz à effet de serre. Les températures de surface – et le niveau – des océans augmentent, la chaleur atteint de plus grandes profondeurs. Cette situation aura des répercussions majeures.»

    Points clés de la Déclaration sur l’état du climat mondial en 2014

    Températures

    En 2014, la température moyenne à la surface du globe était supérieure d'environ 0,57 °C (1,03 °F) à la normale calculée pour la période 1961-1990, qui est de 14,00 °C (57,2 °F). En regard des valeurs nominales, 2014 est l'année la plus chaude jamais observée, même si l'on estime que les marges d'incertitude afférentes aux moyennes annuelles sont plus importantes que l'écart de température entre les années les plus chaudes.

    Des températures annuelles records ont été enregistrées dans 19 pays européens. L'ouest de l'Amérique du Nord (y compris l'Alaska), l'Eurasie orientale, une bonne partie du continent africain, de vastes régions de l'Amérique du Sud ainsi que le sud et l'ouest de l'Australie ont connu des températures particulièrement élevées. À l'inverse, des températures inférieures à la normale ont été enregistrées sur une grande partie du territoire des États-Unis et du Canada.

    L'un des principaux facteurs des fluctuations interannuelles de la température est le phénomène El Niño/oscillation australe, qui est généralement associé à des températures mondiales élevées. Il convient de noter que 2014 a été une année exceptionnellement chaude même si ce n'était pas une année à Niño.

    La plus grande part de l'énergie qui s'accumule dans le système climatique est stockée dans les océans. Les températures de surface de la mer étaient bien plus élevées que la normale dans le nord et le nord-est du Pacifique de même que dans les régions polaires et subtropicales de l'Atlantique Nord, dans le Pacifique Sud-Ouest, dans certaines zones de l'Atlantique Sud et dans une bonne partie de l'océan Indien. Elles ont été particulièrement élevées dans l'hémisphère Nord de juin à octobre.

    Précipitations

    Moyennées à l'échelle du globe, les précipitations en 2014 ont été proches de la normale (1 033 mm). La sécheresse a sévi dans le sud-ouest des États-Unis, le nord-est de la Chine, l'est du Brésil et certains pays d'Amérique centrale.

    Dans la péninsule balkanique, la Serbie, la Bosnie-Herzégovine et la Croatie ont été victimes d'inondations en mai et juin. De fortes pluies ont provoqué des inondations au Bangladesh, en Inde et au Pakistan en août et en septembre, et au Sri Lanka en décembre. En Afrique, des inondations ont touché l'Afrique du Sud, l'Éthiopie, le Kenya, le Maroc, le Mozambique, la Somalie et la Tanzanie. Le Paraná est sorti de son lit, ce qui a causé des inondations en Argentine, au Brésil et au Paraguay.

    La variabilité naturelle du climat engendre chaque année des extrêmes de ce type, mais la multiplication des inondations à travers le monde est la conséquence logique de l'accélération du cycle hydrologique provoquée par le surcroît d'énergie piégée dans l'atmosphère par les gaz à effet de serre.

    Glace

    Les glaces de mer sont un élément important du système climatique. Elles régulent l'échange de chaleur et d'humidité entre l'atmosphère et les mers polaires, et, parce qu'elles réfléchissent bien davantage la lumière que les eaux libres, elles jouent un grand rôle dans l'absorption du rayonnement solaire aux hautes latitudes.

    Selon le Centre national américain de données sur la neige et la glace, la banquise arctique a atteint le 17 septembre 2014 son minimum saisonnier, en moyenne journalière, soit 5,02 millions de km2. Ce dernier chiffre se classe au sixième rang des plus bas jamais constatés.

    En juin, juillet et août, la fonte des glaces observée à la surface de l'inlandsis groenlandais a été supérieure à la moyenne de la période 1981-2010. L'été 2014 est le plus chaud qui ait été constaté à Kangerlussuaq, dans l'ouest du Groenland, là où le processus de fonte en surface a été le plus intense. En outre, la neige et la glace étaient plus foncées qu'elles ne l'étaient en 2013; or, avec un albédo plus faible, la surface absorbe davantage d'énergie solaire, ce qui amplifie le phénomène de fonte.

    L’étendue de la banquise antarctique s'est maintenue à des niveaux records, en moyenne journalière, pendant une bonne partie de l'année et a atteint un maximum record pour la troisième année consécutive. Deux raisons sont avancées pour expliquer cette croissance sur le long terme: d'une part, les vents d’ouest dominants se sont intensifiés, et d'autre part, la diminution de la salinité des couches proches de la surface causée en partie par la fonte des plates-formes de glace a créé des conditions favorables à la croissance de la glace.

    Activités cycloniques

    À l'échelle du globe, 78 tempêtes tropicales ont été observées en 2014. Ce chiffre est inférieur aux 94 tempêtes de la saison 2013, ainsi qu’à la moyenne de 89 calculée pour la période 1981-2010, mais supérieur aux 67 tempêtes observées en 2010, total le plus faible de l’ère des satellites modernes.

    Détermination des causes des phénomènes

    Le domaine de recherche en plein essor que constitue la détermination des causes produit de nouveaux outils scientifiques qui permettent de déterminer l’influence du changement climatique d’origine anthropique sur les phénomènes extrêmes par l’estimation de l’évolution de la probabilité des phénomènes extrêmes par rapport à un climat hypothétique qui ne subirait pas l’influence de l’activité humaine. Le Service météorologique du Royaume-Uni a appliqué une nouvelle technique de détermination des causes aux températures moyennes records enregistrées en 2014 au niveau mondial et au Royaume-Uni. Il estime dans son analyse que l’influence de l’homme a multiplié par 10 la probabilité de températures records telles que celles observées au Royaume-Uni.

    Journée météorologique mondiale

    La Journée météorologique mondiale commémore l'entrée en vigueur, le 23 mars 1950, de la Convention portant création de l'OMM. Elle souligne l'immense contribution qu'apportent les Services météorologiques et hydrologiques nationaux à la sécurité et au bien-être de la société. Elle est rythmée par l'organisation d'activités de sensibilisation nationales et de débats dans le monde entier et donne souvent l'occasion d'inviter les dirigeants et le grand public à observer de plus près les travaux de leur Service météorologique national.

    Cette année, le thème «Climat: comprendre pour agir» a été choisi alors que l'OMM intensifie ses efforts pour perfectionner les produits et services climatologiques en vue de faciliter la prise de décision.

    Le Cadre mondial pour les services climatologiques, mécanisme lancé par l'OMM et établi à l’échelle du système des Nations Unies, vise à aider les pays et les collectivités à s'adapter aux fluctuations naturelles du climat et aux changements climatiques à long terme. Environ 70 pays ne disposent même pas de services climatologiques de base; c'est donc à eux que s'adresse en priorité cette initiative.

    Les urbanistes peuvent s'appuyer sur des produits et des services climatologiques pour mettre au point des stratégies et des plans d'action destinés à renforcer la résilience des villes face aux catastrophes naturelles et favoriser une économie plus respectueuse de l'environnement. Les autorités chargées de la santé publique exploitent les prévisions climatiques pour anticiper les éventuelles conséquences sanitaires des phénomènes météorologiques extrêmes tels que les sécheresses, les vagues de chaleur et les inondations. Grâce aux prévisions saisonnières de températures et de précipitations, les agriculteurs peuvent mieux planifier les semailles et les récoltes ainsi que la commercialisation de leurs produits. Les responsables de la gestion des ressources en eau, quant à eux, mettent à profit les informations climatologiques pour optimiser les approvisionnements en eau et la gestion des crues alors que le secteur de l'énergie utilise ces informations pour choisir le lieu d'implantation d'une centrale électrique et le type de centrale à installer à cet endroit précis.

    Communiqué de l'OMM
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