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Communiqué du Ministère de l'eau et de l'assainissement du Burkina Faso dans le cadre de la journée mondiale de l'eau 2017



  • La communauté internationale commémore ce mercredi 22 mars la journée mondiale de l’eau sous le thème interrogateur « Pourquoi les eaux usées ? » Au niveau national, le thème retenu pour cette célébration est « Les eaux usées, quelles stratégies pour leur valorisation ? » De façon générale, les pays en développement connaissent de nombreux problèmes de gestion des eaux usées à cause de l’urbanisation et de l’industrialisation.

    En effet, toute activité humaine produit des eaux usées qui sont des eaux chargées en éléments polluants. Il s’agit essentiellement des eaux usées domestiques et des eaux usées industrielles, mais elles peuvent aussi avoir une origine agricole, artisanale ou autre. D’autres pollutions de l’eau peuvent venir du rejet d’éléments solides comme du plâtre, de la terre ou des résidus organiques (cheveux, tiges, pulpes, noyaux…). Et même s’il ne s’agit pas de produits à action chimique, ils ont néanmoins une action polluante dans les milieux aquatiques.

    C’est à ce titre que les différents usages de l’eau sont des sources essentielles de production d’eaux usées qui sont quotidiennement rejetées dans la nature, dans les retenues d’eau, le plus souvent sans aucun traitement. L’assainissement consiste à traiter ces eaux usées avant leur retour dans le milieu naturel afin de protéger la santé publique ainsi que l’environnement contre les risques liés à ces rejets.

    L’impact négatif des eaux usées sur l’homme et son environnement

    Au Burkina Faso, l’expansion des eaux usées est surtout remarquable dans les deux grandes villes comme Ouagadougou et Bobo-Dioulasso et aussi dans certaines zones minières. Chaque jour, des grandes quantités d’eaux usées générées par les ménages et les industries, ainsi que les eaux pluviales, sont déversées dans l’environnement, surtout dans les quartiers périphériques. 
    On évalue à plus de 80% la quantité d’eaux usées directement déversées dans la nature sans être traitées ni réutilisées et, ce, avec des risques énormes sur la santé humaine, animale et végétale. Ces eaux polluées se retrouvent très rapidement dans la chaîne alimentaire et sont à l’origine de plusieurs épidémies venant de la contamination des eaux et des plantes.

    A cela s’ajoute le faible taux d’accès à l’assainissement en milieu rural qui est estimé à 13,1% en 2016. Une situation qui augmente le risque de propagation de certaines maladies comme la typhoïde, le choléra, la dysenterie, surtout chez les enfants. Ainsi, chaque année, près de 12 800 enfants de moins de cinq ans meurent dans notre pays à cause de l’insuffisance d’un système d’assainissement adéquat. 
    A côté de ces réalités, il faut ajouter la pollution des ressources en eau par les eaux usées directement ou indirectement éjectées dans les retenues d’eau, et qui peuvent se révéler hautement toxiques pour l’homme et son entourage. A ce propos, des morts d’animaux de même que des cas d’intoxication sont souvent constatés dans les zones d’exploitation artisanale de l’or. Dans ces localités, l’écosystème est généralement perturbé et on note un appauvrissement de la biodiversité.

    Pour une revalorisation des eaux usées

    Face à toutes ces menaces qui pèsent sur l’homme et son environnement, le ministère de l’eau et de l’assainissement, à travers ses structures rattachées et de mission, comme la Direction générale de l’assainissement, l’Office national de l’eau et de l’assainissement (ONEA) et le Secrétariat permanent pour la gestion intégrée des ressources en eau, a entrepris de nombreuses actions pour améliorer le système d’assainissement au Burkina.

    C’est dans cette perspective que de nombreux textes juridiques ont été élaborés, notamment les textes sur les normes de rejet des eaux usées. En outre, les différents acteurs de l’eau et de l’assainissement du ministère, appuyés par les Organisations non gouvernementales, les associations et les chercheurs, travaillent à l’amélioration du taux d’accès à l’assainissement à travers des actions d’information, de sensibilisation et de plaidoyer entre autres.

    Par ailleurs, des études de valorisation des eaux usées sont également expérimentées au Burkina Faso. La création des stations de collecte et de traitement des eaux usées implantées à Ouagadougou et Bobo-Dioulasso permettra non seulement d’améliorer le système de gestion de ces eaux de mauvaise qualité, mais aussi de les recycler pour les réutiliser dans l’agriculture et l’élevage, voire dans la consommation humaine. 
    Du reste de façon générale, pour éviter la contamination des ressources en eau par les eaux souillées, des centres de traitement des boues de vidange ont été construits dans les grandes villes.

    Toutefois, en dépit de ces efforts consentis par le Gouvernement et ses partenaires au développement, beaucoup reste encore à faire en matière de développement des services d’assainissement. C’est dans ce sens que l’engagement de tous à travers de petits gestes revêt un caractère important, car le problème d’assainissement est d’abord une question de changement de comportement et d’attitudes. Et en cultivant de bons réflexes dans les ménages par la construction de puisards et de latrines, l’on pourrait participer à minimiser le péril fécal. De même, le respect des normes de rejet des eaux usées par les industriels pourra améliorer la situation. Aussi les industries consommatrices de grandes quantités d’eau, gagneraient à recycler leurs eaux usées en vue de les réutiliser pour le refroidissement des machines ou le rinçage des outils de travail entre autres. Et c’est par autant d’efforts que le pays pourra satisfaire la demande de plus en plus croissante en eau.

    Ministère de l’Eau et de l’assainissement

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