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Les villes des Philippines s'attaquent au changement climatique



  • Interrogé sur la signification du mot " résilience ", le responsable de l'aménagement urbain de Davao, deuxième ville des Philippines, a dit que, pour les Philippins, elle correspond au niveau qui doit être atteint par les eaux de crue pour qu'ils acceptent d'être évacués. " Lors des dernières inondations, l'eau devait monter jusqu'à la poitrine ", a dit Roberto Alabado III, faisant allusion aux inondations de la mi-janvier. Celles-ci ont affecté des milliers de citadins, et surtout les habitants des bidonvilles, qui ont refusé d'être évacués avant d'avoir de l'eau jusqu'à la poitrine.

    " C'est notre limite ", a dit M. Alabado avec ironie.

    Selon le gouvernement philippin, Davao est l'une des quatre villes sujettes à des risques élevés de catastrophes naturelles liées au changement climatique. Bopha, un typhon de catégorie 5 (vents d'au moins 250 km/h), a effleuré Davao avant de balayer l'île de Mindanao, située au sud de l'archipel, au début du mois de décembre. Il a fait environ 2 000 morts et disparus.

    " C'est effrayant ", a reconnu M. Alabado. " Peut-on réussir à tout faire ? Nous n'avons pas réglé [tous les] problèmes de ces 20 dernières années %u2013 comme l'assainissement %u2013 et maintenant il faut penser aux problèmes [liés au climat] des 20 années à venir ".

    La majorité des initiatives prises par la ville en matière de catastrophes se sont axées sur la réponse. Cette réponse d'urgence, considérée comme la plus solide dans le pays, a contribué à renforcer la réputation de Davao (en 2002, elle a ouvert un service de réponse d'urgence " 911 ", inspiré du numéro d'urgence mis en place aux États-Unis), mais les autorités ont finalement compris l'importance pour la ville de prévenir les catastrophes liées au climat, de s'y adapter et, si possible, de les éviter, a-t-il ajouté.

    " La sensibilisation ne suffit pas ", a dit Stephen Anderson, représentant du Programme alimentaire mondial (PAM) dans le pays. " Les gouvernements locaux disposent d'une cartographie des risques climatiques menaçant certaines zones, mais il faudrait former des personnes à l'interprétation de cette cartographie, ce qui pourraient ensuite leur permettre de planifier une réponse aux dangers ", a-t-il dit à IRIN, expliquant pourquoi le PAM, en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour les établissements humains (ONU-Habitat), soutenait le " climate proofing " [amélioration de la résilience face aux risques climatiques] de quatre villes - Iloilo, Cagayan de Oro, Butuan et Davao %u2013 dans le cadre d'un programme d'adaptation au changement climatique. Financé par les États-Unis, ce programme aide les responsables de la ville à mener des évaluations de la vulnérabilité et à mettre en application des projets pilotes basés sur l'identification des risques climatiques.

    Source : IRIN

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