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Exploitation et surexploitation des ressources marines vivantes



  • Cet ouvrage dresse le constat de la surexploitation des ressources marines afin d'en cerner les causes. Il met en évidence les phénomènes liés à la surpêche : capacités de capture excessives, détérioration des écosystèmes, récurrence des conflits... Le niveau de surexploitation est tel que la prévention d'un déclin continu du renouvellement des générations est désormais la priorité, au détriment de l'optimisation de la productivité des stocks. En effet, depuis 1950, la production mondiale des pêches maritimes augmentait de 6 % par an ; depuis 1970, ce taux est tombé à 2 % et, depuis 1990, la production est stable.

    La politique de l'Union européenne, basée sur la communautarisation des ressources, le partage des plafonds de capture et le rationnement des flottilles, n'a pas suffi à arrêter ce déclin. Les mécanismes de prise de décision privilégient les intérêts à court terme et les mesures de conservation adoptées divergent régulièrement des avis scientifiques.

    Pourtant, l'examen des modèles démographiques des ressources utilisés pour la gestion des pêches montre que la recherche a édifié un ensemble d'indicateurs scientifiques de bonne qualité : le mauvais état actuel des pêcheries ne peut être imputé à une connaissance insuffisante des ressources, mais aux carences des mécanismes de régulation et de contrôle. Les implications sociales du problème sont graves car des milliers d'emplois sont menacés.

    Les méthodes utilisées pour mesurer l'évolution des stocks sont explicitées dans cet ouvrage. Quelques pêcheries, choisies afin d'illustrer la diversité des situations, sont analysées, de même que sont décrites les potentialités et les limites de l'aquaculture. Des propositions sont avancées, basées sur la communication et le dialogue indispensables entre professionnels, administratifs et scientifiques.

    La maîtrise des forces économiques à l'origine de la surexploitation suppose que les institutions régissant la pêche soient adaptées aux nouvelles conditions de rareté des ressources : régime de propriété, mécanismes d'allocation de droits individuels de pêche et organes d'aménagement.

    Les nouveaux régimes devront assurer la cohérence écologique, économique et sociale de la pêche, ainsi que le traitement de la nécessaire transition. Il est de l'intérêt de tous les acteurs que les indispensables réformes soient entreprises. L'évolution vers un développement durable est à ce prix.


    Cet ouvrage a été présenté le 15 janvier 2004 lors d'une conférence de presse
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