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Agriculteurs et changement climatique : acteurs majeurs du processus de résilience



  • Le Groupe d’Experts Intergouvernemental pour l’Évolution du Climat à travers son 5è rapport d’évaluation conjecture une élévation de la température comprise entre 1.4° C et 3°C d’ici l’horizon 2050. Cette hausse de température se répercutera sur la ressource en eau disponible mais également sur l’ensemble des usages. Cela accentue la nécessité d’agir rapidement afin de ralentir ce processus, conséquence de larges émissions de gaz à effets de serres.  Il est primordial d’adopter un comportement adéquat afin de limiter les impacts environnementaux, économiques et sociaux. 

    L’agriculture, plus gros consommateur de la ressource en eau, est aussi un acteur majeur dans le processus d’adaptation au changement climatique. Par exemple, par le biais de la diversification des assolements, ce dernier est apte à booster la fertilité des sols tout en réduisant l’usage des pesticides et herbicides. Par conséquent, les risques de pollutions ainsi que les émissions de gaz à effets de serres s’atténuent et ceci tempère le réchauffement climatique (Chambre d'agriculture, 2015). De plus, la diversification réduit les risques phytosanitaires à travers une extension temporelle du retour d’une culture sur elle-même. Ce processus s’accompagne de nombreux bénéfices socio-économiques et environnementales via une diversification des risques ; les agriculteurs deviennent également moins sensibles aux variations des prix des pesticides permettant donc une meilleure gestion du risque. Il est également nécessaire de réaliser un arbitrage entre cultiver des plantes plus résistantes à la chaleur et des fruits/légumes ayant une moindre demande en eau. Par exemple, un scénario ambitieux d’une étude française Explore 2070 proposait une conversion de 100% du maïs irrigué, en 50% de céréales sèches, 30% de blé irrigué, 10% de soja ainsi que 10% de céréales irrigués. Cependant, ce processus nécessite des conseils techniques afin de mieux évaluer les risques liés aux rendements, aux débouchés commerciaux etc. particulièrement dans ce contexte où il existe une forte interdépendance entre les différents acteurs du domaine agricole (Fares M. et al. 2012).  Aussi, il est recommandé le développement de pratiques favorisant l’infiltration et le stockage des eaux dans le sol car cela permettrait par exemple de réguler les ruissellements et les inondations. (UICN, 2019 ; Assemblée nationale, 2020; E. Sauquet 2015; Agence de l'eau RMC 2020; CGAAER, 2017). 

    La résilience au changement climatique implique également une adaptation pour tous les usagers de l’eau (AEP, industrie, énergie, tourisme…) afin de réduire la pression sur cette ressource dans les pays où l’offre est en baisse et, en fin de compte, consommer de manière efficiente. Par exemple, il est conseillé aux agences de l’eau de réduire les fuites des canaux transportant les eaux des lieux où elles sont traitées vers les ménages. 

    Les champs, prairies et forêts sont essentielles dans le processus de ralentissement du changement climatique grâce à leur forte capacité à absorber et emprisonner le dioxyde de carbone, facteur accélérateur du changement climatique. De facto, il est primordial de préserver cette nature. 

    [MOGED]

    Illustration: Nishant Aneja

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