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Le financement de la convention sur la lutte contre la désertification pose probleme


Le financement de la CLD pose probleme

Mediaterre-Madrid (Espagne) Les débats d’experts achoppaient mardi encore, à Madrid, sur la question du financement de la convention sur la lutte contre la désertification (CLD), au cours de la 8ème conférence des nations unies sur la désertification (COP).

En attendant le transfert du dossier aux politiques, que sont les ministres de l’environnement, dont les travaux démarrent mercredi, dans la capitale espagnole, les délégations des 191 délégations des pays parties à la convention, en sont à constater les difficultés de parvenir à une harmonisation des postions.

« Nous sommes dans une impasse », ont clamé des délégués de la société civile africaine, mécontents du « peu d’intérêt » qu’accordent les pays développés à la mise en œuvre de la CLD, après le premier round de négociations, depuis le 04 sepetembre dernier.

La crise de financement dans laquelle se trouve la CLD s’explique « par le clivage Nord-Sud, la convention étant perçue comme une « affaire des pays pauvres », commente un expert africain sous le couvert de l’anonymat.

« Les perspectives sont loin d’être évidentes, les espoirs suscités par cette convention laissent progressivement place au pessimisme », s’est-il désolé de constater.

Pourtant, à l’adoption de la CLD, en 1994, les pays développés s’étaient engagés à appuyer les pays en développement, en leur fournissant des « ressources financières et d’autres formes d’appui » pour mettre au point et appliquer efficacement leurs plans et stratégies de lutte contre la désertification

Ces pays en proie à la désertification, avaient notamment travaillé au renforcement du cadre législatif, par l’élaboration de nouvelles politiques intégrées à un plan de « développement durable ».

Plus de dix ans après, des analystes révèlent que la mise en oeuvre des programmes nationaux de développement durable au Sud, rencontre un obstacle « d’ordre financier (ainsi ) jusqu’à très récemment, ces programmes ne disposaient d’aucun guichet spécifique » pour leur réalisation.

Le rapport 2005 du Corps commun d’inspection de la CLD indique que les ressources mobilisées à ce jour aux fins de la convention « ne sauraient être considérés comme importantes, adéquates, prévisibles ou fournies en temps voulu ».

De même, l’enveloppe de 500 millions de dollars attribuée par le Fond mondial pour l’environnement (FEM), pour vaincre la dégradation des sols dans la période 2003-2006, demeure nettement inférieur aux 10 milliards de dollars d’investissement annuel, estimé nécessaire à une mise en œuvre efficace de la CLD.

« En lieu et place d’une fenêtre, nous voulons disposer d’une porte ouverte et que le Fonds mondial pour l’environnement devienne le mécanisme financier de la convention sur la lutte contre la désertification » a souhaité Hassan Saley, secrétaire exécutif du Conseil nigérien pour l’environnement et le développement durable.

Djibril SAIDOU


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