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ONU : L'Instance permanente entend une multiplication de dénonciations du non-respect du consentement libre des peuples autochtones


L’Instance permanente sur les questions autochtones a consacré la troisième journée de sa session 2017 à l’examen des activités menées dans les six domaines d’action de l’Instance en relation avec la Déclaration sur les droits des peuples autochtones, l’occasion pour de nombreux représentants de mouvements autochtones de dénoncer, une fois encore, les nombreux décalages qui subsistent entre les engagements pris et la réalité qui prévaut sur le terrain.

À l’instar des deux journées précédentes, le respect du principe de « consentement libre, préalable et éclairé » a été considéré par beaucoup comme le meilleur moyen de garantir le respect du droit foncier, ainsi que les engagements pris sur le plan du développement socioéconomique et de la protection de l’environnement.  Or, nombreux sont ceux qui ont constaté que ce principe est souvent bafoué.

En pleurs, la représentante d’Indigenous Environmental Network a dénoncé, de son côté, les violences commises par la police et l’armée américaines lors de l’éviction des militants autochtones qui s’opposent au passage d’un oléoduc sur les terres de la tribu sioux Standing Rock, dans le Dakota du Nord.  Sa condamnation des violences subies par les femmes et la terre lui a notamment valu une ovation debout.

Autre moment fort, l’intervention d’un membre du Mejlis, l’organe représentatif des Tatars de Crimée désormais interdit d’exercice.  Accompagné de trois femmes en vêtements traditionnels qui brandissaient des pancartes demandant la libération des prisonniers tatars, ce dernier a déclaré que, suite à l’annexion de la Crimée par la Fédération de Russie, le peuple tatar était devenu une minorité sur son propre sol et que lui-même ne pouvait plus vivre chez lui. 

Sur un autre continent, la représentante de Save Our Unique Landscape a condamné le fait que les héritiers d’une parcelle de terre confisquée à une communauté autochtone de Nouvelle-Zélande, et d’une importance culturelle considérable, ont été autorisés, l’an dernier, à en vendre une partie à une société transnationale pour y construire un lotissement de 480 maisons de luxe.

Les activités de forage menées au large des côtes de la Nouvelle-Zélande à la demande du Gouvernement, ont par ailleurs été dénoncées par la représentante de Two Feathers International qui a souligné que les conséquences des activités minières sous-marines ne sont pas encore bien connues.

Se voulant rassurante, la représentante de la Nouvelle-Zélande a mis en avant la « relation unique » que son pays entretient, selon elle, avec l’environnement en notant que le fleuve Whanganui a récemment été doté d’une personnalité juridique aux fins de sa protection.

D’autres représentants d’États Membres sont également intervenus pour mettre en avant les initiatives lancées par leur gouvernement respectif pour promouvoir les droits et le bien-être des communautés autochtones.

Ainsi la représentante de l’Australie a parlé de l’appui accordé, dans son pays, à la création d’emplois au sein des communautés autochtones, précisant que plus de 1 600 contrats directs ont été accordés à 500 entreprises autochtones, représentant un montant de 284 millions de dollars australiens. 

La représentante du Brésil s’est de son côté félicitée de l’impact de la création d’un système de santé autochtone qui opère à présent dans 34 districts et qui, en alliant médecine moderne et médecine traditionnelle, permet aux membres de plus de 5 000 tribus de recevoir des soins.

En écho à ces annonces, le membre de l’Instance, Les Melezer, a souligné que l’identité des populations autochtones est une question fondamentale dans le contexte du droit à l’autodétermination. 

La représentante du peuple amazigh a cependant signalé que l’inscription du berbère dans la Constitution marocaine ne s’était traduite par aucune avancée pratique sur le terrain.  « Dire que le Maroc est un peuple arabe est une violation des réalités ethniques du peuple berbère », a lancé la représentante amazighe. 

L’Instance poursuivra, demain matin, à 10 heures, son débat sur ses six domaines d’action avant de se pencher, dans l’après-midi, sur les suites données à ses recommandations sur l’autonomisation des femmes et des jeunes autochtones.

(Partie 1) Manifestation de haut niveau commémorant le dixième anniversaire de l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones

(Partie 2) Manifestation de haut niveau commémorant le dixième anniversaire de l’adoption de la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones

Compte rendu de l'ONU

[ODD2030-09], [ODD2030-10], [ODD2030-15]

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