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80 économistes du monde entier appellent à arrêter d'investir dans les combustibles fossiles


Ce jeudi 7 décembre, plus de 80 économistes issus de 20 pays différents, appelent à la fin immédiate de tout investissement dans de nouveaux projets de production et d’infrastructure de combustibles fossiles, et encouragent une hausse significative du financement des énergies renouvelables.

Texte de la Déclaration

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Nous, sous-signé.e.s, appelons à la fin immédiate de tout investissement dans de nouveaux projets de production et d’infrastructure de combustibles fossiles, et encourageons une hausse significative du financement des énergies renouvelables.

Nous publions cet appel à l’action à l’approche du sommet sur le climat organisé à Paris en décembre par Emmanuel Macron. Le président français et d’autres dirigeant.e.s se sont déjà exprimé.e.s sur la nécessité d’un soutien financier accru aux solutions climatiques, mais ont gardé le silence sur l’autre partie de l’équation, plus problématique : les financements qui continuent à être accordés à de nouveaux projets de production et d’infrastructures charbonnières, gazières et pétrolières.

Partout dans le monde, le changement climatique et les destructions environnementales prennent une ampleur sans précédent, et des actions inédites seront nécessaires pour limiter les conséquences néfastes de notre dépendance au pétrole, au charbon et au gaz.

Il est crucial de réduire drastiquement l’intensité carbone de nos systèmes économiques. Mais il est tout autant essentiel de mener sans délai des actions ambitieuses pour mettre un terme à l’exploration et à l’expansion de projets fossiles ; ainsi que de gérer la baisse de la production existante, conformément aux objectifs de l’accord de Paris.

Les études montrent que le C02 contenu dans les gisements de combustibles fossiles actuellement exploités suffit à nous amener au-delà du seuil de réchauffement climatique critique. Les nouveaux projets d’exploration et de production sont incompatibles avec le maintien du réchauffement de la planète en dessous des 2 °C (et le plus près possible de 1,5 °C), mais de nombreux projets en cours devront être abandonnés plus rapidement qu’en suivant le rythme de l’épuisement des resources. Pour le dire autrement : il n’y a plus de place pour de nouvelles infrastructures fossiles, et il n’y a donc aucune raison de continuer d’investir dans le secteur.

Il est temps que l’ensemble des acteurs économiques mondiaux se tournent pleinement vers des énergies renouvelables sûres et d’abandonner les combustibles fossiles. Nous affirmons par cette lettre que les institutions de développement comme les investisseurs publics et privés ont la responsabilité urgente et l’obligation morale de montrer la voie en mettant fin à l’exploitation des combustibles fossiles.

La transition mondiale vers un avenir sobre en carbone est déjà entamée, et nous savons que l’abandon total des combustibles fossiles offre la possibilité de passer à un nouveau paradigme économique de prospérité et d’équité. L’expansion continue du charbon, du gaz  et du pétrole ne fait que ralentir cette inévitable transition, tout en contribuant à exacerber les conflits, alimenter la corruption, menacer la biodiversité et les ressources d’eau et d’air non pollués, mais aussi à enfreindre les droits des peuples indigènes et ceux des pays et des communautés vulnérables.

La demande et l’accès à l’énergie peuvent et doivent être entièrement couverts par les énergies renouvelables du XXIe siècle. L’idée que de nouveaux combustibles fossiles (comme l’attrait renouvelé pour le gaz) sont nécessaires à cette transformation est erronée, et elle contribue à bloquer la pénétration des énergies renouvelables.

La communauté des investisseurs a le pouvoir de créer les conditions pour rendre ce changement possible. Les investissements actuels et futurs dans la production de combustibles fossiles vont à l’encontre d’une transition sûre et équitable visant à éviter des désastres climatiques encore plus grands.

Les investisseurs, les institutions et tous les acteurs internationaux du développement doivent reconnaître que la poursuite des investissements dans la production d’énergies fossiles est incompatible avec une réelle action pour le climat. Il faut au contraire accorder la priorité aux incroyables opportunités d’investissement que représentent les énergies 100 % renouvelables du futur, grâce auxquelles nous pourrons construire une économie saine tout en protégeant les salarié.e.s du secteur de l’énergie, les communautés et en tenant compte des limites écologiques d’une planète finie."

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