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Education Inclusive au Burkina Faso : des activistes tirent la sonnette d'alarme



  • Mobiliser le maximum de personnes, afin d’interpeler les décideurs pour une prise de mesures adéquates en faveur de l’éducation inclusive, c’est l’objectif d’une campagne de plaidoyer menée le 13 mars dernier à Bobo Dioulasso et simultanément dans de nombreuses autres localités à travers le Burkina Faso. Initiée par l’Organisation Dupont pour le Développement Social (ODDS) et parrainée par la Coalition Nationale pour l’Education Pour Tous(CN-EPT/BF), la cérémonie a connu une forte mobilisation des autorités régionales, provinciales, municipales, enseignantes, élèves, parents d’élèves et autres acteurs de l’éducation.

    L’éducation est un droit de l'homme et un moyen essentiel pour le développement. Et il est clairement démontré que si nous ne parvenons pas à faire des avancées importantes sur les résultats en matière d'éducation, surtout en matière d’éducation inclusive, nous échouerons également à atteindre les objectifs de développement durable. Et c’est là toute l’importance de « tirer la sonnette d’alarme », une initiative de la fondation Liliane au Pays Bas et des organisations partenaires stratégiques à travers le monde dont l’un des moments forts a été la minute bruyante avec des Vouvouzelas, des sifflets, des tam-tam et autres Casseroles.

     Au Burkina Faso, selon le rapport final de recensement des enfants handicapés réalisé en 2013, 79 617 enfants de 0 à 18 ans ont été recensés, dont 48 126 de sexe masculin contre 31 491 de sexe féminin, manifestant un ou plusieurs handicaps, et à des degrés divers. On compte 14 709 enfants en milieu urbain (18%) contre 64 908 en milieu rural (82%), montrant que la grande majorité des enfants handicapés vivent en milieu rural. Le niveau d’instruction des enfants handicapés demeure assez faible : 43% pour le niveau primaire contre seulement 7,1% pour le secondaire. De même, 72,6% des enfants handicapés ne fréquentent pas l’école actuellement et 34,6% n’ont jamais été à l’école.

    Une violation flagrante des droits de cette catégorie d’enfants qui a été dénoncée par l’ensemble des intervenant à la tribune de cette cérémonie.

            Pour la Coalition Nationale pour l’Education Pour Tous parrain cette édition 2019 de « Tirer la Sonnette d’alarme », la fourniture d’une éducation inclusive de qualité pour toutes et tous est le piédestal du développement humain durable et d’une société juste et équitable.

            Une société où tous les enfants ayant des besoins d’éducation spécifiques ont accès aux écoles régulières qui leur offriront une pédagogie centrée sur l’enfant et adaptée à ses besoins.

    Comme le souligne l’UNESCO, l’inclusion doit être considérée comme un processus visant à tenir compte de la diversité des besoins de tous les apprenants et à y répondre par une participation croissante à l’apprentissage, aux cultures, aux collectivités, et à réduire l’exclusion qui se manifeste dans l’éducation. Et pour le coordonnateur national de la CN-EPT/BF, cela suppose la transformation et la modification des contenus, des approches, des structures et des stratégies, avec une vision commune qui englobe tous les enfants de la tranche d’âge concernée, et la conviction qu’il est de la responsabilité du système éducatif général d’éduquer tous les enfants.

    L’inclusion et l’égalité des genres étant au cœur des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030, la CN-EPT/BF a saisi l’occasion de cette cérémonie pour appeler le gouvernement et l’ensemble des partenaires de l’éducation à intensifier leurs efforts afin de garantir à tous une éducation inclusive de qualité, en accordant une attention particulière à l’égalité des genres, au handicap, aux réfugiés ou encore aux déplacés suite à la menace terroriste que connaissent certaines de nos régions, mais aussi en s’attaquant aux pratiques, aux modalités d’accès, aux processus d’enseignement et d’apprentissage qui nous éloignent du chemin.

    Toujours selon la CN-EPT/BF dans son intervention, le manque de données sur les enfants vivant avec un handicap dans les statistiques du préscolaire, du primaire et du post-primaire pose un défi en matière de prise en compte effective de l’inclusion dans la planification sectorielle que nous devons travailler à résoudre.

    Il faut rappeler qu’en plus du Parrainage de la grande cérémonie à Bobo Dioulasso, la Coalition Nationale pour l’éducation pour tous a aussi mobilisé ses comités régionaux pour soutenir l’activité dans les localités de Fada N’Gouma, Kaya, Dédougou, Banfora, Koudougou, Boussé, Tenkodogo ou encore Gaoua. 

    Par Modeste NEBIE Chargé de Communication et de Plaidoyer 

    Coalition Nationale Education Pour Tous

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