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Clôture et résultats de la 8e Conférence des Parties à la CDB.



  • La huitième Conférences des Parties (CP-8) à la Convention sur la diversité biologique (CDB) s’est terminée le 31 mars 2006 dernier. Si la rencontre a réuni plus de participants que toutes les CP précédentes, les discussions sur les questions de fond n’y ont pas été les plus fournies. Un programme sur la biodiversité des îles a toutefois été adopté, ce qu’ont salué les petits États insulaires. Un autre enjeu important, qui avait stimulé la mobilisation populaire, est celui des technologies de restriction de l’utilisation des ressources génétiques (TRURG). Le moratoire touchant ces technologies qui prévaut depuis la CP-5 a été reconduit, et l’évaluation au cas par cas des risques qui sont associés à ces TRURG ainsi que leurs tests sur le terrain ont été rejetés.

    L’accès et le partage des avantages (APA) ont été un des enjeux centraux de la réunion. Contrairement aux attentes de certains, qui préconisaient l’élaboration rapide d’un régime contraignant, les résultats des négociations ont été plus nuancés. Le Groupe de travail sur l’APA poursuivra ses travaux, en bénéficiant de l’appui supplémentaire de deux co-présidents permanents, avec l’objectif que les pourparlers aboutissent en 2010, pour la dixième CP. Par ailleurs, un Groupe de travail sur les certificats internationaux d’origine/source/provenance légale des produits issus de la biodiversité a été créé.

    La question des aires protégées marines a aussi retenu l’attention à la CP-8. C’est que la plus grande parties des zones marines sont situées hors des juridictions nationales et soumises à une exploitation intense, notamment par les pêcheries et le chalutage. Cette question avait été délaissée depuis 2004, puisqu’une initiative de l’Assemblée générale des Nations unies proposait de traiter cet enjeu sous la Convention sur le droit de la mer. À la CP-8, les délégués se sont entendus pour que la question continue d’être traitée par cette autre convention, mais en se réservant la possibilité de réagir si, à la prochaine CP, on estime que les actions sont insatisfaisantes.

    La participation a soulevé des débats, mais dans des sous-groupes fermés aux non-membres de délégation! Certaines organisations non-gouvernementales (ONG) ont décrié les efforts faits pour encourager la participation du secteur privé, puis l’accréditation des ONG a été reportée à la prochaine rencontre du Groupe de travail sur l’examen de l’application de la CDB, ce qui convient finalement à ces ONG.

    Enfin, les questions procédurales ont pris une place importante au cours de la CP-8. Certains auraient préféré plus d'avancées sur des questions de fond et s’en sont plaints, alors que pour d’autres, cela a permis de préciser le rôle de groupes de travail, par exemple, et d’avoir une idée plus claire des tâches à venir.

    D’ici la neuvième CP, le calendrier demeure chargé, les délégués n’ayant pas réussi à réduire le nombre de rencontres. Cependant, la possibilité que l’objectif de 2010 de réduction du rythme de perte de la biodiversité soit lié au septième des Objectifs du Millénaire pour le développement (développement durable), ce qui accroîtrait l’attention et les ressources dévolues à l’objectif de 2010, permet d’envisager avec un certain enthousiasme le travail énorme qui demeure afin d’atteindre les trois objectifs de la CDB.
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