Des centaines de millions de personnes encourent des risques sanitaires en raison de la pollution croissante des eaux sur 3 continents


La pollution de l'eau est en augmentation dans trois continents, des centaines de millions de personnes courent par conséquent le risque de contracter des maladies mortelles comme le choléra ou la typhoïde, prévient l'Organisation des Nations Unies pour l'environnement ce jour.

L'augmentation inquiétante de la pollution des eaux de surface en Asie, en Afrique et en Amérique latine menace également les ressources vitales et nuit à l'économie de ces trois régions, conclue l'ONU environnement dans son dernier rapport intitulé Point de situation sur la qualité de l'eau. Si l'accès à une eau de qualité devient plus difficile, la pollution de l'eau menace d'accentuer les inégalités, particulièrement auprès des populations les plus vulnérables : les femmes, les enfants et les pauvres.

Jacqueline McGlade, responsable scientifique de l'ONU environnement, déclare : « la quantité croissante des eaux usées rejetées dans les eaux de surface est un phénomène très inquiétant. L'accès à une eau de qualité est essentiel à la santé humaine et au développement humain. Ces deux aspects sont en péril si nous ne parvenons pas à mettre fin à la pollution. »

« Heureusement, il est possible de restaurer les rivières d'ores et déjà fortement polluées et nous disposons de suffisamment de temps pour éviter la contamination de nouvelles rivières. Il est crucial que la communauté internationale s'unisse pour lutter contre cette menace croissante. »

La croissance démographique, l'augmentation de l'activité économique, l'intensification continue de l'agriculture et de la quantité des eaux usées rejetées dans les rivières et les lacs sont les raisons principales de la hausse inquiétante de la pollution des eaux de surface en Asie, en Afrique et en Amérique latine.

La pollution microbiologique a augmenté dans plus de 50% des tronçons de rivière entre 1990 et 2000 sur ces trois continents. La pollution saline a quant à elle augmenté de presque 33% affirme le rapport de l'ONU.

Pollution due à la présence d'agents pathogènes

La pollution due à la présence d'agents pathogènes dont l'augmentation est principalement provient de l'agrandissement des systèmes d'écoulement des eaux usées et de leur déversement dans les eaux de surface, a des répercussions sur un quart des tronçons de rivière en Amérique latine, environ 10 à 25 % des tronçons de rivière en Afrique et jusqu'à la moitié des tronçons de rivières en Asie.

Dans certains pays, plus de 90% de la population dépend des eaux de surface comme principale source d'eau potable. Ces eaux, utilisées pour la cuisine, pour irriguer les cultures et pour les loisirs ? représentent une menace à la santé humaine lorsqu'elles sont contaminées.

Environ 3,4 millions de personnes meurent chaque année de maladies associées à la présence d'agents pathogènes dans l'eau comme le choléra, la typhoïde, les hépatites infectieuses, la polio, la cryptosporidiose, l'ascaridiase et les maladies diarrhéiques. La plupart de ces maladies sont dues à la présence de déchets d'origine humaine dans l'eau.

L'ONU environnement estime que jusqu'à 25 millions de personnes encourent le risque d'être infectées par ces maladies en Amérique latine, 164 millions en Afrique et 134 millions en Asie.

La solution n'est donc pas de construire davantage de systèmes d'égouts mais de traiter les eaux usées.

Pollution organique

La pollution organique grave survenant lorsque de grandes quantités de composés organiques décomposables sont rejetées dans les plans d'eau, touche désormais environ un kilomètre sur sept de tous les tronçons de rivières en Amérique latine, en Afrique et en Asie. Ce type de pollution peut à terme déboucher sur la désoxygénation totale des plans d'eau, posant ainsi une menace sérieuse à la pêche en eau douce assurant la 6ème source la plus importante de protéines animales à l'homme, employant 21 millions de pêcheurs et générant 38,5 millions d'emplois directs et indirects dans les pays en développement.

Salinité de l'eau

La pollution grave et modérée due à la salinité de l'eau a des répercussions sur environ 1/10ème des tronçons de rivières en Amérique latine, en Afrique et en Asie. Les niveaux élevés de salinité, conséquence du rejet d'eaux usées salées depuis les exploitations minières, les systèmes d'irrigations et les ménages dans les rivières et les lacs, rendent l'irrigation des cultures des agriculteurs les plus pauvres de la planète de plus en plus difficile. La pollution due au niveau de salinité élevé a augmenté dans presque un tiers de toutes les rivières des trois continents entre 1990 et 2010.

Eutrophisation

En raison de la demande croissante en alimentation pour une population en constante augmentation, l'agriculture s'est intensifiée et étendue. Les conséquences de cette expansion sont entre autres : une augmentation des quantités de phosphore issu des engrais et des pesticides qui polluent les plans d'eau. L'eutrophisation en découlant pourrait nuire au développement des plantes et des algues et être responsable de modifications de la structure des écosystèmes et des espèces de poissons.

Plus de la moitié de la charge totale en phosphore présente dans 23 des 25 lacs les plus grands au monde est le résultat d'activités humaines : engrais chimiques, déchets d'élevage et eaux usées d'origine humaine. La charge en phosphore de la plupart des lacs d'Amérique latine et d'Afrique est désormais plus élevée qu'en 1990.

Solutions au défi relatif à la qualité de l'eau

Il est encore le temps de mettre fin à la pollution de l'eau. Un meilleur suivi de la qualité de l'eau est nécessaire, en particulier dans les pays en développement, afin de saisir l'ampleur du défi dans le monde et d'identifier les zones clés. Une fois que des évaluations approfondies seront menées, il existe des méthodes capables de réduire la pollution à la source, traiter les eaux polluées avant qu'elles ne pénètrent dans les plans d'eaux, recycler les eaux usées destinées à l'irrigation et protéger les écosystèmes en restaurant les zones humides dans le but de réduire les polluants des écoulements agricoles et urbains.

"Il ne fait aucun doute que nous disposons des outils nécessaires à mettre fin à ce problème inquiétant, affirme M. Solheim, il est maintenant temps d'y recourir afin de combattre ce qui est devenu une des menaces les plus importantes à la santé humaine et au développement dans le monde. »

Communiqué du PNUE
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