Agroforesterie en Afrique : avec le FEM, la BAD défend des écosystèmes sains, durables et résilients



  • Lors de la 52e réunion de son Conseil, le 24 mai, le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) a donné son accord pour octroyer 11,2 millions de dollars EU au total à deux projets co-financés avec la Banque africaine de développement (BAD). L’un est situé au Mali (Valorisation à grande échelle d'une approche à avantages multiples pour renforcer la résilience dans les paysages agroforestiers des régions du Sahel au Mali) et l'autre au Bénin (Projet de gestion et conservation durable des forêts dans le centre et le sud du Bénin). Tous deux sont axés sur les populations des pays « les plus pauvres et les plus vulnérables », selon la directrice du FEM, Naoko Ishii, et le Mali comme le Bénin appartiennent à la catégorie des pays les moins avancés (PMA).

    Ces projets aideront à améliorer la gestion des sols et des forêts afin de promouvoir des écosystèmes agroforestiers qui soient durables, résilients et sains. Aux 11,2 millions de dollars EU que vient d’octroyer le FEM aux deux projets (8,6 millions de dollars EU pour le Mali et 2,6 millions pour le Bénin), s’ajoute un cofinancement de 78,8 millions de dollars EU de la BAD.

    Au Mali, le Projet de valorisation à grande échelle d'une approche à avantages multiples pour renforcer la résilience dans les paysages agroforestiers des régions du Sahel a pour but de favoriser la sécurité alimentaire et les avantages environnementaux multiples en adoptant une approche basée sur le paysage. Le projet est jugé très innovant dans sa conception : basé sur les priorités que sont la dégradation des terres et la gestion durable des forêts, il intègre en même temps l'atténuation du changement climatique et les volets relatifs aux produits chimiques et aux déchets, et, partant, relie les problèmes interdépendants qui se posent aux communautés locales dans le paysage rural pris dans son ensemble.

    La sévère dégradation des terres dans le nord sahélien du Mali fait peser une menace majeure sur les moyens de subsistance. Elle est causée tant par des processus naturels comme l’érosion due au vent et à l’eau, que par des pratiques inappropriées dans l'agriculture et la gestion des déchets, le surpâturage et la surexploitation des forêts. Ce projet est cofinancé par le Programme de renforcement de la résilience à l'insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel (P2PRS) – un programme pluriannuel que finance la BAD pour accroître la production, développer les infrastructures et les services sociaux de base, et diversifier les sources de revenus dans la région.

    L'intervention du FEM souligne la nécessité de renforcer la résilience et mise sur des activités qui promeuvent une planification et une gestion intégrées du paysage, des investissements dans la protection de la santé des paysages et l'amélioration de la productivité, outre un meilleur apprentissage. Sa dimension intégrée aidera à produire de nombreux avantages pour l’environnement à l’échelle locale et mondiale, en plus d'améliorer la sécurité alimentaire et la santé.

    Au Bénin, le Projet de gestion et de conservation durable des forêts dans le centre et le sud favorisera une meilleure gestion des forêts, socialement et écologiquement durable, en améliorant la gestion des terres et des forêts dans les zones cibles du pays, afin de préserver le couvert forestier et la biodiversité. Le projet se concentre sur les forêts du Mont Kouffé et de Wari-Maro, où l’abondance et la diversité des espèces sont les plus importantes du Bénin. Le taux de déforestation au Bénin est très élevé (2,5 %) et l'agriculture est à la fois est un facteur clé de la dégradation des forêts et la principale activité économique. Le projet du FEM rendra plus efficace la gestion des nouvelles aires protégées, développera les capacités locales en matière de gestion forestière durable, et appuiera des modes de subsistance alternatifs à l’opposé des pratiques agricoles non durables. En outre, il renforcera les stocks de carbone et réduira les émissions de gaz à effet de serre.

    « Depuis 2007, le partenariat entre le FEM et la BAD n’a cessé de grandir, œuvrant à produire des changements durables sur le plan écologique, intelligents au niveau climatique et qui entraînent de vraies transformations en Afrique », a déclaré Mahamat Assouyouti, coordinateur du FEM à la BAD. Et de préciser : « L'objectif est de réduire la vulnérabilité des gens et des communautés aux changements climatiques ainsi que les impacts négatifs sur l’environnement en Afrique. L’ampleur du travail commun du FEM et de la BAD a aussi évolué et s’est diversifié de façon significative. » À la fin de 2016, le portefeuille global de projets financés par le FEM et gérés par la BAD s’élevait à 302 millions de dollars EU, mobilisant plus de 2,8 milliards de dollars en cofinancements.

    Le partenariat entre la BAD et le FEM est capital pour lutter contre les problèmes environnementaux urgents et réduire la vulnérabilité des populations aux changements climatiques en Afrique. La Banque s'est engagée à élargir sa coopération avec Le Fonds mondial pour l’environnement et à fournir plus de ressources pour assurer la résilience, la durabilité et une croissance à faible intensité de carbone.

    Communiqué de la BAD

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