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Le Mali présente son plan d'action climat pour l'accord de Paris 2015


L’économie du Mali repose essentiellement sur l’exploitation des ressources naturelles. La croissance démographique (3,6 %/an) et les contraintes climatiques ont entraîné une surexploitation et une dégradation de ces ressources. Les deux tiers du pays sont arides et semi arides dominés par les problèmes de désertification. Les risques naturels se sont accrus avec l’intensification des changements climatiques : sécheresses à répétition, inondations, vents forts, feux de brousse, déstabilisation du régime des pluies. L’agriculture qui est la plus touchée représente 45% du PNB et occupe environ 80% de la population active. Cette situation est d’autant plus grave que les scénarios climatiques à l’horizon 2100 prévoient en moyenne une augmentation des températures de 3°C et une diminution des pluies de 22% sur l’ensemble du pays.

Au plan macro-­%u2010économique le pays intègre les changements climatiques dans les processus de planification, notamment dans la mise en oeuvre du Cadre Stratégique pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (CSCRP), dans la Politique Nationale de Protection de l’Environnement et, depuis 2011, dans la Politique Nationale sur les Changements Climatiques C’est sur ces bases et en s’appuyant sur les services techniques nationaux qu’a été élaborée la CPDN du Mali. Les prévisions des données techniques pour le calcul des gaz à effet de serre (GES) entre 2015 et 2030 se sont faites au cours de réunions de concertation au niveau sectoriel pour les trois secteurs principaux d’émissions de gaz à effet de serre (agriculture, foresterie et changement d’utilisation des terres, énergie) et au niveau multisectoriel. La nature des engagements du Mali en matière d’atténuation est celle d’un scénario d’atténuation (dont un sous-­%u2010scénario inconditionnel au cas où le pays serait le seul investisseur) basé sur la réduction des émissions de GES par rapport à un scénario de base (BAU). Les gaz considérés sont le CO2, le CH4 et le N2O.

La période du scénario de base est 2015-­%u20102030 et celle du scénario d’atténuation 2020-­%u20102030. Le Mali reste un puits de gaz à effet de serre pour tous les scénarios, la forêt jouant un rôle majeur pour le niveau de séquestration. Les niveaux des ambitions de réduction des GES du scénario d’atténuation par rapport au scénario de base sont de 29% pour l’agriculture, 31% pour l’énergie et 21% pour les forêts et le changement d’utilisation des terres Le coût global du scénario d’atténuation conditionnel s’élève à 34,68 milliards $US (1,16 pour l’énergie, 20,6 pour l’agriculture, et 12,92 pour les forêts) En matière d’adaptation, la vision du Mali est de faire de l’économie verte et résiliente aux changements climatiques une priorité.

Pour la période 2015-­%u20102020, le coût des besoins s’élève à 1,062 Milliards de $US. Il correspond au financement des cinq grands programmes qui ont été exposés au sommet mondial sur le climat en septembre 2014 à New York. Ces programmes portent notamment sur la foresterie, l’agriculture intelligente et les énergies renouvelables. Au cours de la même période, les besoins sont basés sur des objectifs de développement durable axés sur la poursuite et l’intensification des programmes ci-­%u2010dessus complétés notamment par : .

  •  la mise en oeuvre d’un plan d’action technologique pour l’adaptation et l’atténuation ;
  •  la lutte contre la désertification et contre l’ensablement;
  •  le développement de la recherche sur l’adaptation aux changements climatiques ;
  •  la mobilisation des collectivités locales, des communautés vulnérables et des groupes de femmes pour améliorer leur résilience aux changements climatiques.

Une stratégie de financement durable de l’environnement et des changements climatiques est en cours d’élaboration. La mobilisation des ressources pour la mise en oeuvre des programmes identifiés dans la CPDN, constitue une conditionnalité pour que le Mali puisse d’une part atteindre ses objectifs en matière de réduction des GES et, d’autre part, adapter ses systèmes de production, ses systèmes écologiques et ses systèmes sociaux aux changements climatiques.

C’est dans ce contexte que le Mali amorcera une trajectoire de développement économique sobre en carbone et résilient aux changements climatiques, contribuant de plus aux efforts mondiaux de stabilisation des gaz à effet de serre, au titre de la responsabilité commune mais différenciée.

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[CdP21-climat]

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