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Des forêts saines et productives sont essentielles afin de réaliser les objectifs liés au développement, au climat, à la terre et à la biodiversité


Réussir à maintenir des forêts saines, productives et diversifiées est essentiel en vue de réaliser les Objectifs de développement durable. Une volonté politique et des actions concertées dans l'ensemble des secteurs, entre les principaux protagonistes et institutions et à tous les niveaux, seront également nécessaires pour y parvenir.

Tel était le message clé de la Conférence internationale pour stopper la déforestation et étendre les superficies forestières, organisée cette semaine par le Partenariat de collaboration sur les forêts, au siège de la FAO, à Rome (du 20 au 22 février).

Au cours  des discussions qui se sont étalées sur trois jours, 300 participants issus d'institutions gouvernementales dédiées à la foresterie, à l'agriculture, à l'élevage, à l'environnement, ainsi que des représentants du secteur privé, de petites organisations de producteurs, de la société civile, de groupes de populations autochtones et du secteur de la recherche ont souligné la nécessité d'agir au plus vite afin d'accélérer les progrès vers la réalisation des objectifs de développement fixés au niveau mondial et ceux relatifs aux forêts.

Associer les forêts et les activités agricoles 

Si les taux mondiaux de déforestation ont diminué de moitié ces deux dernières décennies - passant d'une perte forestière annuelle de 7,3 millions d'hectares en 2000 à 3,3 millions en 2015 - les taux de déforestation et de dégradation forestière sont toujours préoccupants. Selon les estimations, 80 pour cent des pertes forestières sont dues à la transformation des forêts en terres agricoles. Les participants ont souligné la nécessité de lutter contre les facteurs de la déforestation et de la dégradation, tout en proposant des alternatives durables aux communautés locales en ce qui concerne le carburant, la fibre, l'eau douce et la nourriture.

Les participants ont insisté sur le fait que le problème de concurrence lié à l'utilisation des terres par les forêts ou à des fins agricoles pourrait être résolu en adoptant des systèmes de production agricole plus diversifiés, intégrant  les arbres, les cultures et les animaux, sans oublier d'y associer une dimension paysagère. Restaurer les paysages dégradés permettrait de créer de telles opportunités et de relever les défis liés à la nécessité de produire plus en vue de répondre aux besoins d'une population croissante. Cela permettrait également de garantir un approvisionnement en fibre de bois, suffisant pour répondre aux besoins d'une population en hausse et a fortiori d'une demande en hausse. Dans cette optique, il sera également primordial d'encourager la production et la consommation durables des produits forestiers, ce qui par ailleurs donnerait davantage de valeur aux forêts.

Plusieurs exemples de réussites font état de l'association de systèmes agroforestiers au sein desquels des arbres et arbustes ont été cultivés autour de cultures ou dans le cadre de systèmes sylvo-pastoraux, associant l'agriculture, la foresterie et le pâturage d'animaux domestiques pour donner des résultats positifs et bénéfiques pour les forêts comme pour les terres agricoles. 

Agir de la sorte permettrait d'augmenter la productivité agricole et de renforcer la résilience, la sécurité alimentaire et la nutrition, tout en améliorant les revenus des petits exploitants agricoles et la gestion durable des forêts.

Les participants ont également souligné la nécessité de garantir la stabilité des moyens d'existence et le rôle des forêts en tant que fournisseurs de services écosystémiques majeurs, en reconnaissant les nombreuses valeurs «cachées» des forêts, telles que la pollinisation, et en améliorant les systèmes simples et directs de paiements pour les services écosystémiques.

Renforcer le rôle du secteur privé et de la jeunesse 

Dans un document final, les experts ont insisté sur le fait que la responsabilité des entreprises agroalimentaires jouait un rôle vital dans le cadre des efforts visant à stopper la déforestation et qu'elle devrait être encouragée par des instruments commerciaux internationaux qui favoriseront les produits qui n'ont pas été fabriqués suite à une déforestation. Les petits producteurs auront également besoin d'un meilleur accès aux services, à la finance et aux marchés.

Dans ce contexte, la Conférence a noté qu'afin d'accroître les financements et les investissements en faveur de l'utilisation durable des terres et des forêts, il sera nécessaire d'offrir des incitations positives, d'améliorer la gouvernance et les partenariats entre secteur privé et public et de proposer des outils de financement innovants.

Le rôle indispensable des jeunes en tant qu'agents de changement a également été souligné et les participants ont insisté sur la nécessité de renforcer l'éducation à tous les niveaux afin de renforcer les capacités, de stopper la déforestation et d'étendre les superficies forestières.

La marche à suivre

La Conférence internationale «Travaillons avec divers secteurs pour stopper la déforestation et étendre les superficies forestières - de l'aspiration à l'action» est la première grande conférence technique sur les forêts depuis l'adoption du Programme de développement durable à l'horizon 2030 et du premier Plan stratégique des Nations Unies pour les forêts 2017-2030 (UNSPF).

Les résultats obtenus à l'issue de la Conférence seront présentés lors du Forum des Nations Unies sur les forêts qui se déroulera en mai cette année et lors du Forum politique de haut niveau des Nations Unies sur le développement durable qui passera en revue, en juillet prochain, les progrès réalisés en vue d'atteindre l'Objectif de développement durable numéro 15 - La vie sur terre.

Communiqué de laFAO

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